Les signaux de reprises se multiplient, tout comme les opportunités pour les entreprises du secteur. Une bonne nouvelle pour l’économie française et pour l’emploi.

Depuis plusieurs mois, les signaux positifs se multiplient dans le secteur de la construction. Qu’il s’agisse de la hausse des mises en chantier (+4,5 % de glissement annuel sur cinq mois entre janvier et mai cette année selon la Fédération française du bâtiment) ou de la vente de matériel de chantier, plusieurs indicateurs semblent au vert. Enfin, les chiffres de l’intérim (traditionnellement un bon indicateur de la santé du secteur) repartent à la hausse après plusieurs années maussades.

En effet, si le secteur n’a jamais cessé de recruter depuis 2008 (entre 50.000 et 60.000 embauches par an selon la FFB), certains domaines comme l’artisanat ou les travaux publics ont en revanche perdu plusieurs milliers d’emplois. La hausse des contrats d’intérim chez les artisans (24.000 embauche cette année selon la Capeb, l’organisation professionnelle des artisans du bâtiment) témoigne d’un retour perceptible de l’activité. Dans le secteur des travaux publics, encore très affecté par une conjoncture défavorable, cette reprise pourrait se manifester dès 2017.

De manière générale, la confiance semble revenir peu à peu dans le secteur. Après plusieurs années noires pour la construction, les carnets de commandes se remplissent à nouveau peu à peu. Si les revirements conjoncturels subsistent encore, et si les différences entre les territoires sont aujourd’hui profondes, les tendances de long terme à l’échelle nationale, elles, semblent globalement positives. La baisse des taux d’intérêt depuis quelques années crée un contexte favorable en stimulant la consommation des ménages, les crédits immobiliers et le marché du logement.

La succession des grèves et des intempéries au printemps n’y ont ainsi pas changé, si l’on en croit notamment les chiffres de la Fédération nationale des travaux publics qui indiquent une augmentation de l’activité dans le secteur des travaux publics de 2,8 % par rapport à l’année précédente. Les professionnels du secteur ne s’y trompent pas, eux qui affichaient en juillet dernier un optimisme qu’on n’avait pas vu dans le secteur depuis quelques années selon le baromètre mensuel de l’Insee.

Nouvelles opportunités et nouveaux horizons

Certes, les motifs d’inquiétude subsistent. Le secteur n’a pas encore pansé ses plaies depuis la crise de 2008, et l’on est encore loin d’une confiance béate en l’avenir. La baisse des dotations des collectivités locales inquiète le secteur des travaux publics. De même, l’arrivée de nouvelles normes difficiles et coûteuses à appliquer, comme le compte pénibilité par exemple, ont échaudé beaucoup de chefs d’entreprise. Toutefois, le BTP français aurait tort de s’affliger. Plusieurs tendances de long terme s’ébauchent et semblent largement prometteuses pour l’avenir.

L’ouverture de nouveaux marchés liés au développement durable et à l’habitat écologique réserve de belles perspectives de croissance dans les prochaines années, surtout dans le contexte de l’après COP21. L’intervention de l’État en termes de subventions et de crédits d’impôt soutient la demande sur ce marché encore émergeant. De la même manière, le développement de nouvelles techniques de construction et l’essor de certains matériaux plus isolants et plus écologiques comme la brique ou le bois devraient profondément développer les perspectives des entrepreneurs dans les prochaines années.

Autre secteur prometteur, l’habitat senior, alors que près d’un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2050. L’innovation dans le logement évolutif, la hausse des besoins en équipements adaptés et la hausse de la demande en logements adéquats sont autant de bonnes nouvelles pour les entreprises de la construction.

Enfin, la digitalisation de la construction est une petite révolution en devenir prête à se généraliser à l’ensemble du secteur. Encore en marge de cette évolution qui touche désormais la plupart des secteurs, le BTP est à son tour rattrapé par la transformation numérique. De plus en plus d’entreprises utilisent aujourd’hui la modélisation 3D , la réalité virtuelle ou encore l’analyse de données de la conception des projets jusqu’à leur commercialisation. De quoi faciliter la conception des projets, faire baisser les coûts, favoriser le financement et la vente des projets ou encore améliorer le suivi des projets…

De quoi regarder en tout cas l’avenir avec optimisme, tant les champs d’application du numérique sont vastes et tant les perspectives de croissances sont aujourd’hui nombreuses grâce à l’ouverture de ces nouveaux marchés. Une bonne nouvelle aussi pour l’économie française, puisque le BTP se distingue de par sa capacité à créer de très nombreux emplois notamment peu qualifiés. Des emplois qui ont beaucoup souffert de la crise, et qui pourraient être la clé d’une baisse globale du chômage en France.

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